Le Glouton : initiation à la gastronomie

Je n’ai jamais mangé dans un restaurant gastronomique. Je dois reconnaitre que j’ai beaucoup d’a piori sur le sujet : entre assiette minimaliste, nourriture trop alambiquée, peur de ne pas me sentir à l’aise dans un cadre trop guindé…  Mais si, comme moi, vous aimez vous faire plaisir sur le repas et profiter d’une expérience plus haut de gamme tant que la forme (le service et la présentation des plats) que sur le fond (la qualité des ingrédients, le côté recherché des associations d’ingrédients, la maîtrise de la cuisson etc…), j’ai l’expérience qu’il vous faut !

Il s’agit du bistro Glouton en face du palais de Justice de Bordeaux à moins de 2 pas de la plaec Pey Berland !

On est loin des critères actuels d’une atmosphère branchée. Ici, c’est plutôt retour aux sources avec quelque chose de plus rustique mais néanmoins élégant. Pas de table ou de chaise dépareillées, de plantes envahissant qui créent une ambiance jungle écolo. On retrouve un cadre de bistrot avec la banquette étroite recouverte de cuir rouge, les petites tables carrées de bistrot. L’espace est relativement optimisé. On pénètre immédiatement dans un espace tout en longueur avec au centre un ilot rustique qui m’a fait penser à la table en bois d’une cuisine de campagne où l’on serait venu déposer toutes les courses du marché : les bons légumes de saison dans leur panier, les fromages qui s’affinent à leur rythme à l’air libre sur une planche dans un coin, la huche avec ses pains de deux livres gigantesques à la croûte bien formée et foncée. L’impression de longueur de la pièce est accentuée par l’alignement des banquettes et des tables le long des murs. Au fond de dessine l’entrée de la cuisine avec le bar. Très peu d’excentricités sur les murs. Le tout est très sobre, pas trop éclairé, ni trop tamisé pour autant. Un très bon équilibre. A notre grande surprise, l’atmosphère musicale était un peu décalée : je ne m’attendais pas du tout à entendre du Moby presque toute la soirée dans ce genre d’endroit ! Cependant, c’était un fond sonore également discret qui n’empiétait pas sur la conversation.

Concernant le menu, aucun risque de se perdre pendant des heures dans la lecture du menu. Il tient sur une page avec deux propositions par catégorie. Encore une fois, on reste sur un fonctionnement traditionnel avec la possibilité de faire un repas en 2, 3 ou 4 temps. Un plat du jour est également disponible. L’accent est clairement mis sur un approvisionnement saisonnier, sans revendication bio mais néamoins locavore. De ce fait, la carte est renouvellée très régulièrement.

Vous êtes accompagnés tout au long de votre repas par des serveurs compétents. Ils vont vous conseiller activement sur le choix des vins ou des plats, vous expliquer avec précision l’origine des fromages, prendre soin de changer vos couverts entre les repas sans les jeter sur la table mais plutôt en les apportant sur une assiette et apporter d’eux même une assiette supplémentaire s’il vous voit en train de piocher (discrètement) dans le foie gras de votre homme… A ce niveau, j’étais presque surprise que l’on ait des serviettes en papier et non pas en tissus ! Enfin cela restait des serviettes nettement plus épaisses et grandes que dans quand n’importe quel restaurant lambda.

C’est une équipe qui tourne comme une mécanique bien huilée. Nous n’avons pas eu à attendre. Tous les plats se sont enchainés avec fluidité mais sans précipitation. Tout est arrivé chaud et joliment présenté. A commencer par de petits amuses-bouches : une salade froide de lentilles avec des coques. je n’en avais encore jamais vu dans un restaurant, ni même en poissonerie. Les seules fois où j’en mange, c’est après une excursion de pêche aux moules, où  nous en traquons quelques unes dans le sable. Bien souvent, nous n’attendons même pas d’être rentrée ou de les cuire pour les manger ! Elles finissent ouvertes et engloutie directement sur l’estran. 

Notre repas s’est poursuivi avec la terrine de foie gras et sa déclinaison de carottes aux couleurs chatoyantes ! j’ai beaucoup apprécié cet aspect coloré. C’était très légèrement acidulé et plutôt surprenant avec du foie gras. L’idée d’un triangle de foie gras à la place d’une tranche classique était très intéressante visuellement. Pour moi, le goût du foie gras ressortait de manière tres naturelle, sans être excessivement assaisonné. Nous avons tous les deux enchainés sur le quasi de veau, servi rosé avec notre accord.

Le morceaux de viande était particulièrement généreux, est surtout très tendre. Vraiment moelleux et rosé à l’intérieur mais agréablement « rôti » et « caramélisé » à l’extérieur. Niveau accompagnement, nous avions un tapis de brocolis crus avec des cacahuètes concassées. Ca a été une petite révélation pour moi. C’était croquant à souhait et l’association de saveurs surprenante mais délicieuse ! La purée de chataignes était très légère et onctueuse. Pour ce qui est des champignons, encore une fois la cuisson était nickel : ni baveux, ni tous mous. Globalement, il n’y avait pas un assaisonnement qui en effacait un autre. De l’harmonie et de l’équilibre à tout point de vue !

Le fromage et le dessert nous ont été apportés en même temps. Sur le coup, les 4 petits morceaux de fromages (oui, ils étaient 4 pour 3 fromages différents avant que j’attaque l’assiette) m’ont paru bien peu. Mais en réalité, je n’avais plus vraiment faim et cela ne m’a pas manqué… Tous les fromages viennent de la fromagerie Chez Delphine rue des remparts (une fromagerie qui m’a souvent fait envie mais dans laquelle je n’ai encore rien acheté). Le fromage était accompagné du même pain que le reste du repas avec une tranche spéciale d’un pain très moelleux à la mie jaune et un peu sucrée, parfumé à l’anis. Le pain classique avait une belle mie alvéolée et une croûte assez épaisse et craquante. Un pain de qualité, que j’ai eu beaucoup de mal à ne pas dévorer avant l’heure !

Le tiramisu a un peu surpris mon homme au sens où ce n’était pas un tiramisu traditionnel avec ses couches de biscuits imbibés. Mais il a insisté à plusieurs reprises pour que je goûte la mousse de mascarpone, signe certain qu’il se régalait !

Vous l’aurez compris, cette expérience était assez différente de mes habitudes et assez éloignée de la zone de confiance de mon chéri. Cependant nous en sommes ressortis très satisfait et heureux d’avoir changé notre routine restaurant. Vous garderez le souvenir d’un repas soigné, savamment cuisiné et bien orchestré.

Résumé

« Glouton : Le Bistrot »
Bistronomie
Menu Midi : 17 / 22 €

Menu Soir : 35 / 40 / 45 €

Arrêt Hotel de Ville (Tram A / B )
15 Rue des Frères Bonnie
33000 Bordeaux
05 56 44 36 21
Lu-Ve :
Déjeuner à partir de 12h00
Dîner à partir de 19h30
Site internet
Page facebook

3 Comments

  1. Viviane

    20 décembre 2018 at 10 h 10

    Pour écrire un tel article, il fallait que la régalade soit au rendez-vous et en l’occurence tu nous le prouves en ce qui vous concerne. Dommage, j’habite trop loin de Bordeaux 😉

    1. Christelle

      20 décembre 2018 at 10 h 20

      Mais si tu vas en villégiature à Bordeaux, tu sauras où manger 😀

  2. latabledeclara

    19 décembre 2018 at 8 h 25

    Ton article donné envie de découvrir ce lieu.
    Bonne journée
    Bises

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